Matthew Swift, tome 1 : La Folie des Anges de Kate Griffin

Kate Griffin est le pseudonyme de l’auteur Catherine Webb qui écrit aussi sous le nom de Claire North (Les quinze premières vies d’Harry August)

Titre Original : A madness of angels
Année de sortie : 2011
Éditeurs : Eclipse – Panini
Nombre de pages : 636
Résumé :
Matthew Swift est l’apprenti du puissant sorcier Robert James Bakker. Il est aussi présumé mort, tué par un mystérieux attaquant. Mais deux ans plus tard, ce jour n’est pas un jour comme les autres, c’est le jour où il revient à la vie.
Il s’éveille dans son lit, dans sa maison. Sauf que ce n’est plus son lit, ce n’est plus sa maison. Il s’éveille avec des yeux bleu électrique, et avec des pouvoirs bien supérieurs à ce qu’il maîtrisait auparavant, partageant son corps avec un ange électrique.
Mais Matthew Swift n’est pas intéressé par les raisons de son retour, mais plutôt par sa vengeance. La vengeance contre son tueur et ceux qui l’ont envoyé.
Mon avis :
Un premier tome très original que j’ai vraiment adoré !
 Lu quelque part : Une version Urban fantasy de Kill Bill.
Et c’est vrai que finalement c’est assez ressemblant, c’est exactement le même genre d’histoire, ou on ne connais que le désir de vengeance du héros et ou on en apprends plus sur ce qu’il c’est vraiment passé et qui est le coupable petit à petit.

En fait c’est vraiment de la fantasy urbaine au sens littéral, ou les magiciens puisent leurs pouvoir de la ville elle même, Londres. Des mythes et légendes, des souvenirs laissés par les gens dans les lignes téléphoniques, des objets oubliés dans le métro, des graffitis se crée un pouvoir et certaines sources sont tellement fortes qu’elles crée la vie, une vie magique, avec par exemple « la Mendiante » qui est l’esprit de tous les sans abris. Se sont les esprits des lieux urbains, créés par le nombre de vie dans une même situation. La vie crée de la magie en quelque sorte et l’accumulation renforce son pouvoir.

C’est vraiment un des univers les plus originaux que je n’ai jamais lu et j’ai trouvé ça génial. Un vrai sentiment de merveilleux, mais de merveilleux par rapport à quelque chose qu’on a tendance à ne pas aimer, nous citadins. Qui verrait de la magie dans une flaque d’eau salle ou sur une voie ferrée polluée et pleine de détritus? C’est la le génie de ce livre, arrive à nous faire ressentir tout ça.

Un autre originalité du récit vient du fait que le protagoniste principal .. est multiple. Il est certes revenu d’entre les morts, mais il est changé, il n’est plus lui même. D’ailleurs quand il parle il s’oublie souvent et il passe du Je au Nous en plein milieu des phrases. Et c’est assez perturbant, un peu comme si il était schizophrène, on ne sait pas vraiment ce qu’il se passe avant au moins la moitié du livre.

  J’ai appuyé le front contre le verre froid, luttant contre la terreur soudaine qui menaçait de nous faire tomber à la renverse. Il fallait continuer à respirer, continuer à bouger. Rien d’autre ne comptait. Courir assez vite et assez longtemps et, peut-être, en passant, trouver un plan. Mais ça ne servirait à rien en étant déjà mort.

Mes jambes ont pris le relais de mon cerveau et m’ont entraîné hors de la pièce. Mes doigts ont doucement tiré la porte et j’ai cligné des yeux sous la lumière épouvantable de l’ampoule de cent watts du couloir. La moquette était neuve et épaisse, la rampe d’escalier polie, mais ce qui a attiré notre attention, c’était le tableau sur le mur, une reproduction d’un Picasso que j’avais acquis pour cinq livres, tout en couleurs étranges et proportions troublantes, j’avais l’impression que cela remontait à une éternité. Il se trouvait à l’emplacement précis où je l’avais accroché. Je me suis presque senti froissé. Nous étions fascinés : une explosion créative, un miracle visuel dans toute sa splendeur, devant nous, pour le même prix qu’un plat du jour dans un restaurant thaï. Est-ce que tout était comme ça ? J’avais du mal à me le rappeler.

Il est aussi étonnamment naïf, bon c’est expliqué et logique je vous rassure, mais il y a une colère limite d’enfant dans cette vengeance qu’il poursuit tout du long, avec un coté très manichéen, d’un coté ceux qui sont coupable et dont il faut se venger … et de l’autre tous les autres, pas de bons dans cette histoire, des alliés, temporaires, et si il faut s’allier avec le diable, il le ferra.
Cela donne un sentiment de décalage, j’ai eu un peu de mal à s’attacher à lui finalement. Mais pas dans le mauvais sens non plus, c’est à dire qu’il exerçait plus de la fascination qu’une identification quoi.
Ce livre m’a vraiment sorti de mon quotidien, j’avais une sorte de recul tout en étant vraiment totalement prise dans l’univers.

Le style est vraiment bon, rien à dire la dessus, l’auteur arrive a nous faire ressentir la poésie urbaine. J’ai vu ce livre comparé à du Neil Gaiman, et si je dois dire que cet auteur n’a pas encore réussi à me réussir je trouve la comparaison intéressante.
En fait il y a quand même pas mal de descriptions, c’est vraiment fouillé, on ne passe pas les événements en une ligne, non. C’est assez dense et travaillé.

Ça n’aurait pas dû se passer ainsi.
Trop laborieux, ce réveil, le sol chaud sous mes doigts, un tapis qui gratte, épais, la peau qui me démange, un véritable assaut de fourmis affamées ; trop longtemps privé de sensations, faible, les jambes d’un nourrisson. J’ai ordonné à mes orteils de remuer, et mes orteils ont remué ; après un tel effort, tout mon corps a frissonné. J’ai ordonné à mes yeux de cligner, et mes yeux m’ont fait l’effet de deux caramels mous, collants, lourds, refoulés par mes paupières qui menaient une garde inflexible. J’avais l’impression d’essayer de soulever des haltères avant un marathon.

Après je dirais quand même que ce n’est pas un récit facile. On est longtemps perdu dans l’univers, aussi perdu que le héros en fait, ou même plus que lui. On n’apprends pas la magie, on n’a que très peu d’explications, elle est juste disponible pour notre héros qui sait en fait usage et qui l’utilise quand c’est nécessaire. Mais jamais il ne nous prévient avant ou nous explique ce qu’il est en train de faire, ça reste très mystérieux.
De même pour la situation, on la devine petit à petit quand les événements arrivent, c’est la que le parallèle avec Kill Bill est bien trouvé parce qu’on ne fais que suivre le personnage dans sa vengeance sans avoir vraiment idée de ce qui se passe vraiment (ou ce qui c’est passé).
C’est assez brut et sanglant aussi, ici il ne faut pas non plus trop s’attacher aux personnages, car des morts ça ne manquent pas. C’est noir et sombre, on est vraiment dans les bas fond de la ville.

Au final je dirais que ce livre est une énorme découverte, je ne m’attendais pas du tout à ce genre de récit et du coup j’ai mis énormément de temps à le lire, je l’ai vraiment savouré.
Un livre que je suis vraiment heureuse d’avoir lu.

Pour ceux qui hériteraient à se lancer je rajouterais que ce live se lit totalement comme un one-shot, il a une vrai fin et seule l’envie d’en savoir plus sur ce personnage et l’attachement à l’univers nous poussent vers la suite qui n’existe malheureusement qu’en anglais.

17/20

5 commentaires sur “Matthew Swift, tome 1 : La Folie des Anges de Kate Griffin

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