Le syndrome du scaphandrier de Serge Brussolo

Année de sortie : 1992
Éditeur : Folio SF
Nombre de pages : 188
Genre : Science-Fiction – Fantastique
Mon avis
Un récit qui part sur une bonne idée, et qui a une ambiance bien particulière, mais qui tombe un peu à plat.

Nous suivons David qui est un médium. Il a la capacité de plonger dans ses rêves et d’en sortir quelques jours après avec un étrange objet qui s’apparente à une œuvre d’art. Plus le rêve est fort, plus l’œuvre en question le sera.
Cette forme d’art, très encadrée, a totalement remplacé les anciennes formes comme la peinture ou la sculpture. C’est compréhensible parce ces œuvres ont la capacité d’influencer les autres personnes, on parle notamment de l’une d’entre elle qui a arrêté une guerre en apaisant les 2 camps.
Mais du tout elle est aussi très contrôlée, on ne voudrait pas que l’une d’entre elles finissent par faire l’effet inverse car on peut aussi plonger dans un cauchemars et imaginez le chaos.
Tout ceci reste théorique dans le livre parce qu’étant artiste lui même David ne subit pas l’effet des rêves et donc reste de son coté totalement de marbre face à eux, il se sent donc un peu mis de coté.

David est un peu au fond du rouleau, toutes ses dernières œuvres n’ont pas passé la quarantaine et ont été détruites car jugée dangereuses ou trop faibles. Il est aussi devenu totalement accro à la plongée car les rêves sont tellement plus plaisant que la réalité, donc quoi qu’il arrive, il plongera encore et toujours, quel qu’en soit le danger …

En fait j’ai bien apprécié le voyage, c’est totalement bizarre cette façon de plonger qui s’apparente vraiment à une vrai plongée, coté maritime inclus.

[…]la voiture, longue, noire, huileuse, avait quelque chose d’un squale aux aguets. Les phares comme des yeux inquiétants de fixité, les chromes du pare-chocs comme des dents énormes, capables de broyer n’importe quelle proie. David sentait la texture du véhicule changer autour de lui au fur et à mesure que l’image gagnait en matérialité. L’habitacle empestait le poisson, le cuir des sièges se couvrait peu à peu d’écailles. Il y avait une odeur de varech dans l’air, de l’écume moussait dans les caniveaux…

« Une voiture, psalmodia-t-il, seulement une voiture. » Et pour s’en convaincre il se mit à réciter les caractéristiques figurant sur la fiche technique : la consommation en ville et sur route, la vitesse de pointe, les…
Les écailles refluèrent, le coffre perdit son allure de nageoire. Une voiture, une bonne vieille voiture de sport surbaissée, capable de filer au ras du pavé à la vitesse de l’éclair avec la fluidité d’un requin qui passe à l’attaque…
Non ! Ne recommence pas !

 C’est vraiment très visuel et ça donne au récit une ambiance très particulière. Une ambiance sombre et  limite glauque, renforcé par le fait que le personnage principal est un perdant et donc on est très loin d’un quelconque coté épique ou autre.
En fait on est plus sur un livre qui parle de peurs, de psychose, car on fini par donner a David le choix entre vivre mais sans ses rêves, ou mourir car plus personne ne veut payer d’accompagnant pour veiller à ce qu’il ne meurt pas pendant ses plongées qui peuvent durer une semaine pour un artiste qui ne réussi plus à sortir un seul rêve viable.

De ce coté la je suis satisfaite, c’était ce que j’attendais et je n’ai pas été déçu. Malgré le peu de page du récit l’auteur prend vraiment son temps pour poser les choses, pour nous expliquer en détails tout le mécanisme du rêve et de l’art et la vie de notre personnage principal. Le rythme est assez lent et il ne se passe donc pas grand chose sur toute cette partie en dehors de l’exposition de la situation.

Mais du coup c’est la aussi que le bas blesse. Parce qu’en fait en dehors de ça et du final, il n’y a pas grand chose d’autre. C’est comme si on avait calé une introduction de monde avec une conclusion de roman et qu’on avait zappé tout ce qu’il y a entre les deux.
Non pas que cette fin soit particulièrement mauvaise non plus, mais du coup elle a un peu perdu en intensité par le fait qu’on n’a pas vraiment eu le temps de s’attacher au personnage je trouve. 

J’en ressors mitigée, avec un sentiment qu’il manquait quelque chose. Et du coup une fois le livre fermé j’ai trouvé ça un peu bof. Disons que ça aurait pu être tellement mieux si on avait été plus loin.
Après ça ne retire pas le mérite du coté original du monde et de l’ambiance mais voila, ça tombe à plat niveau histoire, seules restent les idées, mais ça se laisser lire tout de même.

14/20

6 commentaires sur “Le syndrome du scaphandrier de Serge Brussolo

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  1. Je pense que c'est un concept qui aurait mérité plus qu'une novella pour vraiment sortir du lot, mais ça se laisse lire et l'idée reste très sympa sinon ^^(il manquait juste ma moitié du livre quoi xD)

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