Immortel de Catherynne M. Valente

Eclipse, 465 pages, 2014, Fantasy
Un roman basé sur le folklore russe, beau et tragique. Mais pas du tout pour moi.
Maria Morevna est une toute jeune femme quand commence la révolution russe du début du 20ième siècle. Mais Maria n’est pas n’importe quelle femme, elle est aimée de Kochtcheï l’Immortel, le dieu de la vie. Celui ci est en pleine guerre ouverte avec son frère, le dieu de la mort. Et si Maria commence par lui apporter un soutient inconditionnel et bienvenue, elle provoquera aussi sa perte…
Nous sommes ici sur une ré-écriture de contes russes. Contrairement à la majorité des ré-écritures récentes, celle ci garde totalement son coté conte, réactualisant juste le contexte global de l’intrigue en l’intégrant à notre monde au début du 20ième siècle.
L’ensemble est vraiment très bien écrit, de façon très imagée et poétique, jouant beaucoup des les répétitions. C’est vrai que des fois il se perd un peu en en faisant un peu trop à mon gout mais ça passe quand même bien pour un roman qui est de base dans un genre que je n’aime pas du tout (les contes et leurs revisites). Le fait de mélanger les mythes et une période récente donne un plus à l’ensemble. Il encre vraiment le récit dans la Russie stalinienne, avec tout les changements que ça a apporté au peuple et ses périodes difficiles.
On est sur une histoire à la fois magique et fascinante et en même temps cruelle car arbitrairement dure pour les personnages à certains moment (à l’image des contes originaux, loin des niaiseries à la Disney- oui je n’aime pas) – sans tomber dans la violence ouverte et sanglante – Cette dureté est aussi renforcée par le fait que les événements tragiques ne sont pas cachées mais racontée de façon crue et sans fioritures.
Dés le début j’ai su que ce n’était pas un livre pour moi. La première raison est que je ne connais strictement rien aux mythe russes et donc je suis surement passé à coté de plein de ce que j’imagine être des références sous la forme d’événements qui n’avaient ni queue ni tête au milieu du récit.

Le ton du récit aussi était atypique, très posé et cru, ce qui donnait une impression de froideur générale. Pourtant j’ai voulu savoir la suite et je l’ai lu jusqu’au bout. Du coup ça a été une lecture assez longue et pas facile. Mais je ne regrette pas de l’avoir fait, même si je ne l’ai pas apprécié.

Fidèle à l’esprit conte et merveilleux, il n’y a aucune explication sur les choses et la magie, elle se contente d’exister et de prendre les personnages dans ses conséquences des fois totalement farfelues. Il y a un coté naïf qui mélangé au coté tragique de l’ensemble est assez étrange mais pas vraiment désagréable.
Alors oui, l’ensemble est beau, il est magique et très bien écrit aussi. Mais ça n’a pas suffit. Je ne suis pas du tout le public cible de ce genre de récit.
Du coup pour une fois je ne vais pas mettre de note, je ne veut pas déprécier un bon livre juste parce que ce n’est pas ma tasse de thé.

Divers extraits
Citation 1 :

Les fermiers veillent toujours à ce que leurs fils aient peur des jolies filles, afin qu’ils ne quittent pas trop tôt le foyer ; alors, ils leur racontent qu’une belle femme a noyé le cousin de l’ami de leur frère dans un lac, non pas parce que ce porc le méritait, mais parce que les belles femmes sont mauvaises, et souvent des sorcières. Et peu importe qu’elles n’aient jamais demandé à être belles, ni à naître dans un lac, ni à vivre éternellement, ni à ignorer que les hommes ont besoin de respirer tant qu’ils n’ont pas cessé de le faire.

Citation 2 :
« J’ai arrêté un homme qui spoliait ses ouvriers. C’est grâce à cela que nous avons ces pêches avant n’importe qui à Leningrad, annonça Ivan Nikolaïevitch.
– Pourquoi te les a-t-on données ? » demanda Maria Morevna en en faisant tourner une dans la main.
« Parce que je suis très doué pour les arrestations. C’est un art, tu sais ? L’astuce, c’est d’arrêter quelqu’un avant qu’il n’ait fait quelque chose de mal. C’est mieux pour tout le monde. »
Citation 3 :

Une carte de rationnement dit : Nous vous avons alloué telle portion de vie. Ou encore : Voici telle portion de mort que nous tiendrons à l’écart de votre porte. Mais plus maintenant. Désormais, elle annonce : À Leningrad, il n’y a qu’une quantité limitée de vie. Ou encore : La seule chose qui n’est pas rationnée, à Leningrad, c’est la mort.

D’autres avis sur ce livre : Blackwolf, Boudicca,

2 commentaires sur “Immortel de Catherynne M. Valente

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