La Trilogie des Forces, tome 1 : Les forces majeures de Anne McCaffrey et Elizabeth Ann Scarborough

Pocket, 320 pages, 1995, Science-fiction

Je continue ma relecture des Anne McCaffrey avec le planète opéra La trilogie des Forces. De cette série j’avoue que je n’ai pas l’impression de me rappeler des tomes autres que le premier, un peu comme ça me l’avait fait pour la Transe du Crystal.

Dans ce livre nous suivons Yana. Employée par la Compagnie (oui, avec un C majuscule) qui possède la planète d’Effem et l’a terraformée.

Les médecins donnent 1 an à vivre à Yana. Elle a eu les poumons détruits dans sa précédente affectation par un gaz toxique qui a tué toute son équipe et de nombreux autres employés de la Compagnie quand une révolte d’autochtones (qui appartiennent aussi à la compagnie mais sans faire parti du personnel actif) est entrée dans la station pour essayer de trouver de la nourriture car ils étant en train de mourir à cause d’une terrible de famine sur la planète.

Effem semble être la planète idéale pour se ressourcer. Planète glacière ou la température ne monte guère au delà de zéro, récemment terraformée (200 ans), l’air y est encore pure et la population très restreinte.

Mais une fois sur place elle se rend compte que tout n’est pas rose. Déjà l’air glacial peut faire encore plus de dégâts sur ses poumons endommagés si elle ne prend pas garde. Et en plus la Compagnie est très mécontente de l’état de la planète et semble penser que c’est la faute des autochtones.

En effet Effem est une planète très spéciale. En dehors de la base qui est un grand complexe chauffé à grands frais et toujours à température constante, le reste est toujours plus ou moins en contact avec les températures glaciales (qui peuvent aller au delà de -100) de la planète. Du coup tout ce qui est technologie n’y résiste en général pas, ou alors rarement sur du matériel bien isolé, entretenu et maintenu à température correcte h24 comme par exemple les deux traîneaux électriques qui servent pour transporter le matériel ou les personnes importantes de la base à la « capitale » de la planète.

Le reste des habitants vivent sans eau courante, sans électronique, avec juste un peu d’électricité juste pour s’éclairer (mais pas assez pour se chauffer, ça se fait au bois). C’est une vie très rude, et un retour à la nature que Yana n’attendait pas et ne s’imaginait même pas exister encore quelque part dans la galaxie.

Le premier point que n’aime pas la compagnie est le fait qu’elle pense que le laboratoire de génétique qui est installée dans la capitale n’a pas suivi ses ordres et a fait « apparaître » des espèces non sélectionnées par eux.
En effet nombreux sont les animaux étranges et non conformes qu’on retrouve dans les environs ce qui devrait être impossible vu qu’il y a 200 ans la planète était un bloc de glace sans la moindre vie.

Le second gros problème vient que de l’espace la Compagnie a détecté de nombreux matériaux. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont entreprit sa terraformation à la base. Mais malgré tout leurs efforts, aucune mission entreprise pour s’installer dans les zones en question n’a survécu.

Certes le climat est encore très instable, il change d’une heure sur l’autre sans qu’on puisse le prédire. Des fois vent brutaux et extrêmement froids démarrent et tuent tout ce qui n’est pas abrité sur son passage Ou même des fois l’inverse, un regain très rapide et inattendu fait fondre les rivières et provoque avalanches, glissement des terrain ou une montée des eaux inattendue.

Mais c’est tout de même vraiment pas de chance pour que ça arrive à toutes les missions lancées sur ce sujet, sans exception. Hors ces missions sont toujours gérée plus ou moins par des autochtones. Le transport qui se fait en traîneaux à chiens, seul moyen stable de voyager dans la neige quand on n’a rien d’autre. Et ils sont aussi engagés comme guides et assistants pour trimbaler le fragile matériel de sondage.

Du coup quand Yana arrive et qu’elle ne peux plus vraiment travailler pour la Compagnie du fait de son invalidité, le colonel en charge de la base lui propose un marché. En échange d’une augmentation de sa pension (qui est très très faible vu qu’elle est encore jeune et n’a pas pu cumuler beaucoup avant d’avoir son accident), elle devra enquêter sur la question et essayer de trouver si c’est vraiment les indigènes qui sont responsables des échecs successifs ou si c’est juste le hasard.

Mais bien sur Yana se retrouve avec un conflit d’intérêt car elle c’est prise d’amitié avec les indigènes qui lui sont tous venus en aide généreusement depuis son arrivée. Elle n’aurais jamais survécu sans eux, avec juste l’aumône que lui donne la Compagnie. Même la boutique de la Compagnie à la capitale n’a pas suffisamment de matériel pour faire survivre une personne sans aide extérieure !

Mes ses « supérieurs » s’en foutent un peu, ils pensent que si les indigènes ont survécu par eux même depuis 200 ans, c’est que ça doit pouvoir se faire. Du coup seule la solidarité d’une communauté soudée permet de survivre sur Effem.

Ceux ci ont d’ailleurs été totalement abandonnés par la Compagnie. Même ceux recrutés sur la base sont illettrés et sans culture. Ils n’y a pas de livres sur la planète vu que le livre papier n’existe quasiment plus dans ce monde, et que les appareils électroniques habituellement utilisés pour faire la classe ne fonctionnent pas. Tout repose donc sur une tradition orale. Le quotidien et les événements marquants sont racontés sous forme de chansons.

On retrouve la une des marottes de l’autrice (on retrouve le chant comme élément principal dans Pern, dans la Transe du Crystal, dans Le vaisseau qui chantait …). Toujours aussi sympa.

La planète semble de plus en plus mystérieuse au fur et à mesure. On sent qu’il y a quelque chose derrière. Yana ne veut évidemment pas que la situation finisse comme lors de son accident. Elle est tiraillée entre les autochtones qu’elle comprend, et la Compagnie qui lui fait peur par les décisions qu’elle prend, et le fait que ces décisions ne sont pas compatibles avec la réalité de la situation.

Le premier thème important est évidemment celui du retour à la nature en opposition avec le « tout technologie ». Les habitants sont tous descendant de peuplades habituées au froid, la majorité sont Inuit, Lapons, Yupik, ou Russes. Ils ont reprit comme leurs ancêtres les gestes artisanaux traductionnels, la médecine à base de plantes et l’entraide face au froid.

L’ensemble est donc très divers sur ce point la, et l’autrice n’hésite pas à insérer des personnages LGBT+ comme par exemple le couple qui « dirige » de façon non officielle la petite communauté qui est un couple lesbien.
La seule chose qui m’a un peu gêné est le fait que certains passages sont pour moi à la limite de la grossophobie. C’est expliqué par le fait que Yana a toujours vécu dans des stations ou l’espace est très restreint donc où ce genre de personnes n’existent pas (la Compagnie n’en emploie pas). Elle a donc une espèce de réaction d’étonnement qui frise le rejet qui se ressent dans sa description de la personne au premier regard, je trouve. Heureusement ses relations avec la personne en question évoluent vraiment au fil du récit donc ce n’est vraiment que sur le tout début que ça se ressent.

Yana évolue au quotidien et découvre ce monde froid et sans pitié. Elle passe de citadine (si on peut dire ça) déprimée à actrice de son quotidien. L’évolution de Yana est vraiment un des points centraux de ce premier tome. Elle apprend a apprécier son nouvel environnement au fur et à mesure, ainsi que tout les habitants et leurs façon de vivre.

On ne peux pas dire qu’on est sur un livre d’action, mais l’écriture très fluide de l’autrice fait que l’ensemble passe bien et se lit vite. Le mystère reste au cœur de tout mais on n’est pas non plus sur une enquête active, Yana ne va pas aller fouiller partout. Au final on est vraiment sur un livre d’ambiance.

Au final j’ai passé un bon moment dans cette redécouverte. L’autrice a su une fois encore m’emporter avec ses ambiances et ses personnages, ainsi que son usage de la musique et du chant. Je lirais la suite avec plaisir !

Je n’ai pas trouvé d’autres chroniques de ce livre sur la blogosphère, sans doute un livre trop ancien

Ce livre entre dans le challenge Summer Star Wars IX

Ce livre entre dans le challenge S4F3

12 commentaires sur “La Trilogie des Forces, tome 1 : Les forces majeures de Anne McCaffrey et Elizabeth Ann Scarborough

Ajouter un commentaire

  1. Ohlala tu me donnes vraiment trop envie de me remettre au planete opera avec ce genre de titre.
    Je me rends compte que je lis plus de space opera depuis quelques années, alors qu’en fait ce sont les planete opera que je préfère ><
    Il faudrait que je regarde si j'ai encore des McCaffrey chez moi.
    Merci pour cette belle chronique 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Je confirme que tu donnes très envie 🙂
    J’ai lu quelques Pern dans un ordre plus qu’aléatoire il y a bien longtemps et avait beaucoup aimé. Le planet opera est un genre que j’affectionne beaucoup (mon chouchou restant Ténébreuse).
    Je ne connaissais pas cette série de l’autrice écrite en collaboration en tout cas.

    Aimé par 1 personne

    1. Il n’a malheureusement pas été ré-édité, même pas en intégrale comme Pocket fait beaucoup. Du coup la seule façon de les trouver maintenant est l’occasion.
      On est loin de ces romans les plus connus mais je trouve que ces livres sont toujours très sympa à lire, même les moins connus 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. Non pas lu celui ci, j’avais lu Pern, La transe du Crystal, celle ci, Le Cycle des partenaires, le début de Acorna et Pégase. Je relis en premier ceux que j’ai déjà lu (en complétant avec les VO non traduits quand je le peux) et ensuite je passerais à ceux pas lus entièrement en VF et ceux pas lus du tout xD
      En gros j’ai encore pas mal à lire 🙂

      J'aime

  3. Oh, la trilogie des Forces ! Que de souvenirs ! Je me souviens être tombée dessus en libraire, adolescente, et l’avoir dévorée. J’avais tellement aimé ma lecture que j’ai toujours les livres sur mes étagères ! Tu me donnes envie de les relire, j’avais oublié certains détails. Merci pour cette séquence nostalgie !

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai commencé à relire les Mc Caffrey il y a deux ans. J’ai commencé presque par hasard en suivant une amie qui les découvrait. Cette relecture la m’a donné envie de continuer !
      J’ai relu la transe de Crystal en début d’année et maintenant je m’attaque à celle et au Cycle des partenaires en même temps (vu que ce sont des nouvelles).

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :