Ink & Sigil, book 1 de Kevin Hearne

Orbit books, 336 pages, 2020, Urban fantasy

Il s’agit d’une série spin off des Iron Druid Chronicles, la série qui a fait connaitre l’auteur et qui est l’une des séries les plus connues du genre urban fantasy si on veut un personnage principal masculin. Cette série ci n’a jamais été traduite.

J’avoue que mon intérêt pour la série principale avait baissé sur sa fin. Je trouvais toujours les tomes sympas, mais rien d’extraordinaire. Néanmoins, vu que ça faisait un moment que je n’avais rien lu de cet auteur, j’ai décidé de tenter celui ci à sa sortie.

Il s’agit d’un spin off complètement séparé de la série principale. On ne connaissait pas le personnage principal avant, ni sa façon d’utiliser la magie. L’intrigue aussi est totalement indépendante. En gros son seul lien est le fait qu’il se déroule dans le même univers et donc avec les même règles pour la magie.

L’originalité de ce spin off est qu’on suit un gentleman écossais d’une 60ène d’années, humain, avec une belle moustache remarquable. Il n’a pas de pouvoirs spéciaux, il est juste un érudit dans le domaine des sigils.
Les sigils sont des espèces de runes inventées par Brigid, la première fae.

La problématique originale était le fait que la terre était au centre d’un réseau de plusieurs réalités habitées par ce que les humains appellent des surnaturels. On pense en premier aux Fae, mais aussi aux anges, aux démons …
Et évidemment on ne veut pas que ces peuples la pensent que la Terre est bonne à prendre, étant donné les avantages qu’ils possèdent vis à vis des humains sans pouvoirs.

Du coup les sigils ont été inventés et servent depuis à établir des contrats entre les humains et les autres peuples, les empêchant magiquement de venir sur terre ou d’attaquer par exemple.
Il existe sur terre 5 maîtres en sigils. Notre héros, Al MacBharrais, est l’un d’eux, surveillant la frontière avec les fae, en écosse.

Sa spécialité est donc d’écrire des contrats magiques entre les surnaturels voulant séjourner temporairement sur terre pour éviter qu’ils ne fassent n’importe quoi. Ça leur rappelle les règles, comme celle ne pas se dévoiler aux humains, par exemple.

Mais voila, Al arrive bientôt à sa retraite, il sait qu’il ne lui reste pas très longtemps avant de devoir raccrocher car si il montre des faiblesses il sera fichu pour son boulot. Il faut quelqu’un de solide capable de tenir tête à des abominations d’autres mondes. Mais il n’a toujours pas réussi à transmettre son savoir à un apprenti, les 6 précédents étant décédés accidentellement avant d’être arrivé à la fin de leurs études. Quand commence ce roman, son 7ième apprenti meurt, étouffé par un scone au raisin.

Al n’y croit pas ses yeux. Il ne comprend pas cette malchance mais, hélas, il semble pourtant encore une fois que ça ne soit que ça, un accident.

Néanmoins, il visite l’appartement du jeune homme histoire de récupérer les précieuses encres que celui ci possédait pour s’entraîner. Chaque sigil magique ne prend sa puissance que si il est écrit qu’avec la bonne encre. Et les recettes des différentes encres sont toujours difficile à réaliser, demandant des ingrédients spéciaux, très rares.

Quelle est sa surprise quand une fois dans l’atelier de celui ci, il tome sur un hobgoblin fae, enfermé dans une cage ! Malheureusement, celui ci arrive à s’enfuir avant qu’il n’ai pu lui poser la moindre question sur sa présence sur les lieux. Il trouve également plein de choses très surprenantes, comme des encres que même lui ne possède pas tellement elles sont rares, et des essais de sigils qu’il n’a jamais enseigné à son apprenti …

Il semble donc que celui ci vivait une double vie. Bien décidé à enquêter la dessus, car c’est un fait très grave qui pourrait totalement déstabiliser les relations entre la Terre et les autres mondes, il embarque toutes les preuves et se lance dans une investigation très spéciale.

Autant vous prévenir tout de suite, ce n’est pas une lecture facile, je ne recommande pas ce livre aux débutants en anglais.
La principale difficulté vient du fait que tout se passe en écosse. Et donc que les personnages parlent avec l’accent écossais, chose que l’auteur écrit dans son texte (il ne se contente pas d’un « ils ont un accent écossais »).

Du coup plein de mots sont transformés du genre To se transforme en Tae, You : Ye, doing : daein’, dead : deid, head : heid, what : whit … des fois on oublie des lettres au milieux des mots : something devient sumhin par exemple.

Autant vous dire que pour quelqu’un dont l’anglais n’est pas la langue natale ce n’est vraiment pas intuitif et ça demande une concentration importante.
J’ai pris le pas assez rapidement, plus rapidement que ce que j’imaginais au début du livre, quand j’étais perdue et que je devais relire toutes les phrases, mais le premier quart m’a vraiment posé des problèmes. L’autre contrainte était que quand je reprendrais le livre après une pause, je me sentais obligé de relire le passage explicatif sur la prononciation que l’auteur a mis avant le début du roman.

Mais la conséquence inattendue j’ai eu, et qui a totalement influencé ma lecture, a été le fait que je n’arrivais pas à prendre au sérieux un personnage qui parlait comme ça. C’est fou.
Par exemple le héros a une gérante pour sa boutique, une jeune femme d’une 30ène d’années, ancienne combattante libre dans des combats illégaux. Elle parle avec l’accent total dans tout le livre.

Je sais pas ce qui c’est passé mais je n’ai pas arrêté de me la représenter comme un gamine grande gueule avec un très fort accent marseillais ou franc-comtois (vu que c’est ma région) qui essaye toujours de parler plus fort que les autres.  Du coup j’imaginais toujours le personnage bien plus jeune qu’elle est censé être, et en train de crier ou de se la péter, même quand elle était très calme et représentée de façon très badass. En gros pas du tout l’effet que ce genre de personnage est censé faire, du moins d’imagine.

Heureusement pour moi, le personnage principal est victime d’une malédiction (oui, ça fait bizarre de dire ça dans une phrase). Toute personne a qui il parle se met à le détester. Du coup pendant tout le roman il « parle » grâce à un synthétiseur vocal sur son smartphone, qui a l’accent londonien. Résultat au moins ce personnage la a échappé au pire.

Mais je pense que ça m’a quand même un peu gâché ma lecture.

Après c’est vrai que l’ensemble est plutôt porté sur l’humour. On ne décrit pas un combat épique entre un hobgobelin rose de 1 m de haut contre un leprechaun sans y mettre un minimum d’humour potache, version anglaise.
Rien ne se prend vraiment au sérieux, façon humour anglais. Le personnage principal est un gentil un peu pince sans rire. Il prend tout au sérieux même les trucs ridicules, et c’est ça qui est drôle (parce qu’il sait que c’est ridicule). Je pense que les amateurs d’humour anglais s’y retrouveront parfaitement ici.
On est vraiment sur une ambiance différente de la série principale.

On ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais ça n’a pas été non plus une révélation. La difficulté du début, pour rentrer dedans avec le langage, plus le fait que je n’arrive pas à prendre au sérieux 90% des personnages secondaire ont fait que j’ai eu du mal à vraiment rentrer dedans. En fait ça peut paraître contradictoire mais ça m’a empêché d’apprécier pleinement l’humour de l’ensemble.
Ça n’était pas une lecture désagréable non plus, juste moins réussi que ce que j’aurais voulu. En plus le texte est original de par son personnage principal complètement décalé dans le genre.

Pour l’instant je ne me suis pas encore décidé de si je prenais le suite ou pas. On verra en temps voulu si je le laisse tenter.




Ce livre entre dans le challenge S4F3

2 commentaires sur “Ink & Sigil, book 1 de Kevin Hearne

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  1. C’est marrant, tout ce que tu en dis de « négatif » aurait justement tendance à me tenter. Passion accent écossais chez moi ! 😅 j’hésitais un peu à me lancer dedans comme je ne suis encore qu’au début des Iron Druid, mais si tu dis que c’est indépendant je vais peut être y intéresser plus tôt que prévu.

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai vraiment eu du mal à prendre cet accent au sérieux xD En fait j’avais trop l’impression que c’était hyper exagéré « campagne » et ça m’a vraiment bloqué xD
      Ils sont effectivement totalement indépendants 🙂 N’hésite pas !

      J'aime

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