Les Dieux Silencieux, tome 1 : Le Maître des Chagrins de Justin Call

Bragelonne, 610 pages, 2020, Fantasy YA

Je dois avouer que mon impression générale n’est pas parmi les plus enthousiastes sur ce premier tome. Je ne peux pas non plus dire qu’il ne m’a pas plu, il a du potentiel, mais il contenait quand même pas mal d’éléments qui m’ont un peu laissé de coté. Le coté positif a été mon évolution tout au long de ma lecture jusqu’à la fin où j’avais envie de savoir la suite et de continuer la série.

De quoi ça parle : Le héros vit dans un village reculé, caché. Un village très religieux en fait, parce qu’il est chargé de l’éducation de religieux combattants, appelés des avatars (pour les hommes), chargés de libérer le monde des artefacts magiques laissés par les précédentes générations et qui sont considérés comme étant le mal incarné.

Je ne vais pas vous détailler toute la mythologie mais l’important est de savoir que suite a une dispute entre les trois dieux principaux, la religion considère maintenant toutes les personnes à qui il manque une partie du corps comme étant les représentant du mauvais dieu.

On tue bien entendu les enfants nés ainsi dés leur naissance. C’est d’ailleurs une partie de la mission des femmes du villages. On tue également leurs parents car c’est forcement par eux que la souillure est arrivée. Les personnes perdant un membre ou étant mutilées avec cicatrices, quel qu’en soit la raison, sont aussi très mal vues, pour eux ça signifie que la personne a forcement mal agi car elle a été marquée par le mauvais dieu.

Et il se trouve que le héros, Annev, est né manchot. Heureusement, son gardien, celui qui a réussi à le sauver nouveau né en faisant semblant d’aller le tuer dans la foret, a réussi par ses relations a mettre la main sur un artefact magique qui imite une main. Du coup personne au village ne sait qu’il est marqué. Mais ça fait que Annev est doublement mauvais d’après la religion sous laquelle il a été éduqué. Non seulement il se sait marqué par le mauvais dieu, il devrait être mort, mais en plus il utilise un artefact maudit que sa propre secte est chargée de détruire normalement pour passer incognito parmi eux.

Il va donc passer son adolescence à se chercher. Faut-il croire à ce qu’on lui enseigne si ça signifie qu’il est le mal incarné? Comment peut-il se faire une place en sachant ça? Comment même grandir et se construire en se cachant en permanence? Ça ne l’empêche néanmoins pas d’avoir de l’espoir. Il visualise vraiment sa vie dans son village et n’imaginerai pas devoir en changer pour tout l’or du monde. Il va tout faire pour devenir un adulte respecté et un avatar.
Malheureusement vous vous doutez bien que ça ne va pas se passer comme ça …

Si je n’ai pas vraiment apprécié les 100 premières pages, c’est principalement parce que ce qu’elles semblaient délivrer ne me plaisait pas (je précise que je n’ai pas lu le résumé éditeur, je suis rentrée dedans totalement à l’aveugle). Mais l’évolution de ce qu’on sait va devenir l’intrigue change vraiment tout au long du livre. On pourrait appeler ça des retournements de situation, mais c’est plus des retournements de perception dans ce cas la, car avec les informations qui arrivent au fur et à mesure, je me suis aperçue que je m’étais fait une mauvaise image du livre. Du coup mon avis a changé. On va dire que sur ce point, je suis sortie du livre bien plus intéressée que je ne l’étais dans la première partie.

Il faut aussi vraiment garder à l’esprit qu’il s’agit de fantasy YA classique. Du coup si l’histoire d’un ado et d’une prophétie ne vous intéresse pas, ce n’est même pas la peine de tenter celui ci.
Ceux qui me connaissent savent déjà que si je dis ça c’est que le coté YA m’a dérangé. En effet ça n’est pas vraiment ma tasse de thé de base. J’en lis assez peu et rares sont ceux qui arrivent vraiment à ressortir du lot.

Et ici ça a clairement été un des points négatifs pour moi. J’avais vraiment envie de baffer le héros. Certes il n’est pas incohérent, c’est un ado tout ce qu’il y a de normal, mais ça ne l’a pas rendu plus sympathique à mes yeux. Ces choix sont tellement évidemment de mauvais choix, à mes yeux de lectrice de fantasy de longue date, que je bouillonnais de frustration à certains moments.

Néanmoins j’ai trouvé le monde intéressant. En plus ce premier tome est clairement une critique de la religion (pas de la croyance elle même, mais des dogmes de la religion), même si on ne sait pas encore tout sur ce point. Un sujet qui normalement ne me plait pas plus que ça mais qui ici a quand même réussi à me faire tenir car de nombreux secrets semblent y être liés et j’ai envie de savoir ce qu’il y a derrière.

Le héros étant un adolescent et vivant en plus dans un village reculé où on lui a fourni une éducation très ciblée, il ne sait pas grand chose du reste du monde. Le lecteur en apprend vraiment beaucoup avec lui au fur et à mesure du roman ce qui ouvre les possibilités et rajoute du mystère à l’ensemble.

Je dirais que l’univers a du potentiel. Pour l’instant je ne suis pas convaincue à 100% mais ce premier tome a quand même réussi à me donner envie de lire la suite. Je suis vraiment curieuse de voir quel chemin prendra Annev dans le futur et comment sa perception du monde extérieur va changer avec le temps.

8 commentaires sur “Les Dieux Silencieux, tome 1 : Le Maître des Chagrins de Justin Call

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  1. Malgré son lancement en grande pompe je n’avais pas cédé, j’ai bien fait. Le côté YA que tu soulèves me fait un peu peur. Ça a l’air du genre de série où il me faudra des avis sur plusieurs tomes avant de me décider je sens ^^!
    Merci pour ton avis honnête et détaillé 😉

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    1. Oui, je pense qu’il faudra attendre voir au moins le second pour voir si ça vaut le coup de continuer. Si le second a les même défauts que le premier, je ne pense pas que je continuerais au delà.
      Mais si ça évolue bien, ça peut donner une bonne série 🙂

      A voir donc !

      Aimé par 1 personne

  2. Good review! The series definitely straddles the genres of YA and Adult fantasy, particularly since the protagonist is so young in the first novel. It gets darker and more mature as the hero evolves and grows older. It’s also a twist on the usual trope of the orphan boy prophesied to save the world, but instead he is the Dark Lord – so I definitely play with a lot of reversals. From a storytelling perspective, it’s a gamble and a risky attempt to tell a story that might bore some readers early in the telling (or upset other readers later in the series). The sequel (Master Artificer) comes out next spring. You’ll have to let me know if you feel the series gets better or worse. Cheers!

    Aimé par 1 personne

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