Central Station de Lavie Tidhar

Tachyon, 275 pages, 2016, Science-fiction

Cet auteur me titille depuis un moment, et c’est la sortie en VF d’Aucune terre n’est promise il y a quelques semaines qui m’a donné envie d’enfin sortir un livre de lui de ma PAL.
J’ai choisi celui ci parce qu’il m’avait été recommandé.

On est sur un livre que je qualifierais d’unique. Techniquement le sous genre auquel il appartient est le Cyberpunk, mais je n’ai jamais lu de Cyberpunk de ce genre ci.
Normalement ce sous genre est assez sombre, limite déprimant des fois avec son coté hyper mercantile ou tout s’achète et se vend et ses grosses corporations qui balayent tout sur leur passage au mépris de la condition humaine.

Mais pas ce livre ci, l’auteur a vraiment réussi à donner à ce livre une atmosphère très différente.
Déjà ce qui est inhabituel pour le genre est qu’on est sur une intrigue en forme de tranche de vie. On est donc loin d’un livre d’action et il n’y a pas d’enquête non plus.

Central station est la zone neutre qui sépare Tel Aviv de Java. La zone a été choisie pour faire pousser loin dans le ciel cette tour géante qui sert d’hub interplanétaire de la zone.

Au pied de la station s’étendent les anciens quartiers des étrangers résultat des différentes demandes en main d’oeuvre de la zone, souvent entrés de façon illégale. Les communautés Russophones, Chinoises, Thaï, Philippines ou Nigériennes se côtoient dans cette zone multiculturelle bien vivante et en constant changement.

Le monde que nous connaissons a bien changé. En plus du monde réel et des autres planètes du système solaire colonisées, un second existe en sur-impression ; la Conversation. Monde virtuel où tout le monde échange avec tout le monde, il est différent de notre internet actuel par le fait qu’il est d’abord local, on voit donc en premier ce que partagent les personnes proches physiquement de nous. Dans ce monde se sont dévoilé les Autres, une espèce extraterrestre entièrement numérique qui vit désormais en symbiose avec les humains.

Parmis les différents personnages qu’on suit dans cette fresque, Boris Chong revient de loin. Natif de la zone, il l’a fuit dés qu’il a pu trouver un travail ailleurs et n’est pas revenu depuis pas mal d’années. Il est ingénieur génétique, travaillant dans les labo d’insémination présents partout et qui sont un peu la spécialité bon marché de Tel Aviv. Mais son père se porte mal, il n’a donc pas le choix que de revenir, au moins pour le moment.

Arrivé sur place il tombe par hasard sur Mama Jones, son ancien amour de jeunesse. Aux bras de celle ci un enfant, Kranki que Boris trouve familier. L’enfant est spécial, il a des capacités qu’aucun autre humain n’a sur le monde virtuel, comme celui de pouvoir se connecter directement sur les datastream des autres. Boris pense tout de suite qu’il est l’un des enfants « spéciaux » illégaux qu’il a développé lorsqu’il travaillait encore dans la zone.

L’enfant est persuadé qu’un jour, le vendredi, quelqu’un va venir pour lui en provenance de Central Station. Il embarque donc Mama Jones tout les vendredis pour aller voir. Mais Boris était-il celui qu’il attendait?

De nombreuses autres personnes se croisent dans cette histoire, de la cousine de Boris qui est tombée amoureuse d’un Robotnik, ces soldats entièrement cybernétiques d’un autre temps, tombant en ruine et mendiant des pièces de rechange ou de la vodka, au ramasseur de déchets qui tombe un jour par hasard sur un bébé alors qu’il fait sa tournée, en passant par le vampire virtuel qui contre tout attente réussi à passer la douane de Central Station pour entrer dans la ville ou normalement il est interdit, sans parler du dernier libraire de la ville, homme perdu pour le monde car ayant refusé de se connecter à la Conversation, qui s’extasie sur des vieux romans pulp qu’on a retrouvé en bon état mais que personne n’achètera car les livres papier n’intéressent plus personne sauf lui …

Il y a un coté magique dans ce récit. Limite un coté feel-good car les gens ne sont pas la pour se faire du mal ou conspirer les uns contre les autres, mais pour vivre ensemble, avec leurs différences. On y parle de mémoire, de famille, d’amour, de religion ou de l’usage des technologies.
Dans ce petit monde ou tellement de cultures se croisent et échangent, il n’y a plus vraiment de différences. Au final tout le monde est différent car ce qui était à l’origine différentes communautés a fini par se mixer. Chaque personne fini par appartenir à plusieurs communautés. Il y a vraiment une forme d’acceptation de l’autre qui fait régner une belle ambiance générale.

Du coup vous comprendrez que l’ambiance est bien différente des romans habituels de cyberpunk. Il y a vraiment de l’espoir ici, l’espoir d’une vie simple et ou on peut accepter l’autre.

L’intrigue principale n’est pas forcement évidente à voir au début. Elle se met tout doucement en place sans qu’on la remarque, jusqu’au moment ou à la fin on comprend de quoi voulait vraiment nous parler ce livre. Comme je le disais on est sur une série de tranches de vies de personnages interconnectés par leur lieu de vie, ce quartier de Central Station.
Les vies se font et se défont au grès de la chance et de l’entraide.

Si vous cherchez des livres qui ont une grosse intrigue avec plein de découvertes, ce roman risque de vous décevoir. Mais si vous voulez lire un livre différent des habituels Cyberpunk, avec de l’espoir et qui parle juste de la vie, n’hésitez pas à le tenter !

9 commentaires sur “Central Station de Lavie Tidhar

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