L’oiseau moqueur de Walter Tevis

Gallmeister, 336 pages, 1980, Science-fiction

Pour ceux qui ne connaissent pas, on est sur la ré-édition récente de ce classique de la dystopie. Avant il avait été publié précédemment sous le titre L’oiseau d’Amérique.

On n’est pas sur un roman d’action, d’ailleurs le ton fait plus penser à celui d’une fable. Malgré le fait qu’on soit dans un dystopie, le ton est très porté sur l’optimisme. Le personnage principal est très naïf et va progressivement ouvrir les yeux sur l’état général du monde. Mais il n’en perd pas pour autant son coté rêveur et positif.

Je dirais que ce livre nous présente les états unis du futur, ou tout les traits actuels ont été forcés de façon excessive. 
C’est clairement un livre fait pour critiquer le monde actuel. Certains passages sont d’ailleurs clairement uniquement la pour ça.

Alors, de quoi ça parle?
Les états unis, dans un lointain futur. L’individualisme est maintenant porté comme règle de vie. Il est très mal vu de s’intéresser aux autres, ou de perturber leur vie. Même leur parler est mal, de toute façon il n’y a aucune raison de le faire, car tout ce qui est nécessaire à la vie est régulé par des robots, qui sont devenu les seuls interactions sociales possibles.. Tout doit être centré sur le bonheur individuel. Et évidemment, avec le temps, petit à petit, tout ce qui permettait de s’intéresser à autre chose qu’à soi même a fini par disparaître. Dont l’écriture et la lecture, et ce qui va avec, la connaissance.

« Pas de question, détend-toi ! » « Dans le doute, n’y pense plus » sont devenu les premières règles de cette société.

Dans ce monde on suit trois personnages.
Le premier, Spofforth, est un androïde dépressif. Cela fait des années qu’il veut mourir, mais il ne le peux pas parce qu’on a trop bien protégé son programme pour l’en empêcher après la mort de tout ces semblables. Il est donc le dernier robot de type 9.

Les deux autres sont des humains.
Notre personnage principal, Paul, est un homme comme les autres. Mais Paul a une qualité qui est plutôt un défaut pour ce monde, il est curieux.
Du coup quand il tombe par hasard sur un livre d’image pour apprendre à lire, il l’ouvre.
Le voici dernier, ou premier?, humain capable de lire de tout le pays.

Sa route croise celle de Mary Lou. Celle ci est une SDF car elle a fuit son internat d’apprentissage étant jeune. Elle sentait bien qu’elle n’y avait pas sa place.
Mary Lou est bien plus intelligente que Paul, bien plus réaliste de la situation actuelle qu’il ne l’est.

Alors que les deux se rapprochent, Paul commence à enseigner la lecture à Mary Lou.
Mais c’est un savoir devenu interdit, et ils ne savent pas que tout leurs faits et gestes sont surveillés par Spofforth …

L’ensemble de ce livre est vraiment rempli de thèmes et de critiques des états unis.
La plupart des critiques appuient sur des points qui marchent bien. On est sur une version très extrémiste de ce que pourrait devenir le pays si certains défauts ne faisaient que s’accentuer au fil du temps.

Mais je ne m’y suis pas forcement retrouvé dans tous, j’avoue.
Par exemple un qui m’a fait un peu bondir est le fait qu’on reproche la baisse de la natalité aux « égoïstes qui n’ont plus eu envie d’enfants et qui fuient les responsabilités d’adulte » (c’est dit tel quel dans un des livres que Paul lit sur l’histoire des états unis)
Après je comprend que ça allait de paire avec le coté ultra individualiste, mais étant une femme qui ne souhaite pas avoir d’enfant, ça m’a mis vraiment en colère à ce moment la.

Il y a aussi eu un long passage ou Paul rencontre les derniers chrétiens ultra conservateurs stricts, qui sont devenus des clichés ambulants de ce qu’ils sont actuellement. Au final ce passage ne servait pas à grand chose si ce n’est critique ce genre de personnes.
Personnellement ça ne m’a pas vraiment ennuyé parce que ça semble logique vu le pays de retrouver aussi ce genre de communauté qui a elle aussi évolué d’une autre façon de son coté.

Au final ce livre est vraiment multi genres.
Fable Dystopique et post apocalyptique, anticipation …

Malgré ces deux défauts, l’ensemble se lit bien et vite. On n’a pas le temps de s’ennuyer.
Je ne dirais pas que j’ai été absolument conquise, mais j’ai tout de même apprécié ma lecture.

9 commentaires sur “L’oiseau moqueur de Walter Tevis

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  1. J’avoue que des phrases comme celles sur la reproduction que tu cites, c’est typiquement le genre de chose qui me fait sortir du récit et me demander si c’est la pensée de l’auteur·rice qui est écrite, ou si ce n’est vraiment que son histoire. De fait, ça me gêne. Enfin, ça a l’air sympa ; si je tombe dessus à la bibliothèque, je pense que je le lirai =)

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