The Legacy of the Mercenary Kings, book 1: The Kingdom of Liars de Nick Martell

Saga Press (existe aussi chez Gollantz en version UK), 624 pages, 2020, Fantasy

Malgré quelques petits défauts qu’on peut certainement associer au fait qu’il s’agisse d’un premier roman, ce premier tome a su m’embarquer et me faire passer un bon moment de lecture.

Dans un monde en sursis car la lune a été détruite et tombe progressivement sur Terre, créant des tremblements de terre, des tsunamis et toute sorte de catastrophes qui détruisent progressivement la civilisation, la famille Kingman est tombée bien bas. Ils étaient pourtant une des plus grande familles du Royaume, les plus grands alliés de la famille royale, mais ils sont en disgrâce depuis qu’un de leurs membres, le chef de famille, a assassiné le fils du roi et a été exécuté pour ça il y a une quinzaine d’années. Pire que ça, il a avoué son crime et pour cela toute la famille a été banni.

Pour Michael, son fils, il n’y a pas de doute que son père était coupable. Et pourtant il se retrouve un peu obsédé par leur héritage. En effet la famille Kingman avait un rôle très important dans le royaume, celui du contre pouvoir. Proches du peuple ils étaient la voix de la raison et de la modération depuis des siècles, en étant les plus proches conseillers de la famille royale. Du coup Michael voudrait vraiment savoir pourquoi son père a eu ce geste. Quels sont les circonstances qui ont amené du jour au lendemain le plus proche ami du roi à assassiner l’un de ses fils, un enfant en plus, et même pas l’héritier. Il s’agit pour lui forcement d’un secret horrible bien caché quelque part.

Quand une occasion se présente pour lui de pouvoir ré-entrer dans la cour royale, associé au fait d’enquêter pour savoir ce qui c’est réellement passé ce jour la, il se jette dessus au grand désarroi du reste de sa famille qui aimerai couper les pont et apprendre à vivre normalement ailleurs …

Quand je présente l’intrigue de cette façon elle a l’air claire et simple à suivre. Mais en fait pas vraiment quand on est dedans. Ce livre est un peu sous la même forme que la saga Malazan / Le livre des martyrs dans son début. En gros on ne nous fait pas ce qu’on appelle des « info dump », on ne nous explique pas le background et les éléments qui sont évidents pour les personnages : il faut les deviner au fur et à mesure de nous même. Et il y a plein d’éléments ou de relations entre les personnages qui sont évoqués et qui semblent importants mais qui n’ont pour l’instant aucun développement donc même ce premier tome refermé on n’en sait toujours pas plus.

La magie est l’un de ces points. On est vraiment sur l’inverse le plus total de la hard fantasy (la fantasy à la Brandon Sanderson, avec un système de magie unique qui est exploré en détail). La magie reste cette chose importante qui est la et que les personnages utilisent, mais dont le lecteur ne comprend pas vraiment pas le fonctionnement.

Du coup pendant un long moment on est vraiment dans un gros flou. Je dirai la première moitié du livre.
Et tout ça est renforcé par le fait qu’on suit une magie qui joue avec les souvenirs. En gros si on n’a pas des protections spéciales contre (notamment sous la forme de tatouages magiques, réservés aux riches nobles), utiliser la magie fait perdre la mémoire. Les gens deviennent des « oubliés » (ou plutôt des « oubliants » si on veut être plus précis, en anglais c’est « Forgotten » je crois le terme). Sachant qu’il existe aussi une magie qui influence les souvenirs.

Mais du coup pour une personne du peuple, qui n’a pas d’entrée dans le monde magique, ou qui ne connait pas les règles, il est facile de se perdre totalement.
Ce problème est central à l’intrigue et on se pose toujours la question de : comment savoir ce qui c’est vraiment passé si les gens présents ne sont pas sûr de leurs souvenir?
Déjà dans notre monde on sait qu’il est assez courant de ne pas être fiable dans ses souvenirs et qu’ils soient influencés, mais encore plus ici où tout peut être modifié ou oublié. D’où le titre du livre et son thème principal : il suffit de peu de mensonges finalement pour revoir entièrement un pan de l’histoire en influençant à son avantage les témoins.

En dehors de ça je dirais que Michael est un protagoniste frustrant. Il est vraiment tiraillé entre sa famille, ses amis du peuple, qui ont aussi leurs problèmes ou sont embarqués dans les siens, et son envie limite maladive d’avoir des réponses. Et il ne peux pas être partout, il prend souvent des décisions sur le moment qui s’avèrent être des catastrophes. En gros on a le sentiment qu’il a mis en marche une machine infernale qui ne veut pas s’arrêter. Il cherche ses réponses dans un gros chaos que sa décision a provoqué, tout en cherchant à réduire les retombées pour tout ceux qu’il aime et qui en souffrent.

Mais ce qui est appréciable c’est qu’on est sur un fonceur qui fait de son mieux. Certes il n’est pas parfait, loin de la, comme je le disais avant, mais il donne de sa vie pour y arriver. Il subit de plein fouet ce qui se passe et ne sait souvent pas vraiment comment réagir, ou trop tard.

C’est expliqué par le fait qu’il a fait ça toute son enfance. Une fois que sa famille a été banni ils se sont retrouvés sans ressources, sans toit, sans nourriture, avec tout le monde à leurs trousses. Il a fallu qu’il se batte très jeune et qu’il apprenne a ne jamais abandonner pour s’en sortir.
Et il applique ces règles pendant tout le roman : réagir du mieux qu’on peut au moment T et ensuite chercher à recoller les morceaux. De toute façon toutes les situations dans lesquelles il est n’ont pas de solution miracle, on s’en doute bien. Du coup on lui pardonne d’échouer, d’empirer parfois les choses, et de souvent savoir mentir ou tricher pour faire avancer les choses.

Je termine cette chronique sur un point qui est pour moi l’un des plus importants : on est sur un livre qui récompense les lecteurs assidus. En gros si on est perdu dans la première moitié du livre et que ça n’est pas forcement agréable en tant que lecteur, la seconde moitié et surtout le final sont très satisfaisants car ils apportent un grand nombre de réponses à nos questions tout en ouvrant de nouvelles pistes pour la suite. En plus de ça un des éléments centraux qui font de Michael le personnage qu’il est s’explique et apportent une nouvelle lumière sur son comportement.

Du coup je dois avouer que j’ai vraiment envie de lire la suite pour voir ce que tout ça va changer pour nos personnages et la suite de l’intrigue …

Au final je ne dirai pas que c’était un livre parfait, il y a plein de moments frustrants aussi bien à cause du personnage principal que du fait qu’on ne comprend pas vraiment ce qui se passe ou les relations entre les personnages, mais l’envie d’en savoir plus et d’avoir des réponses m’a bien tenu jusqu’au bout. Et le final est certainement une bonne récompense après tout ça.

2 commentaires sur “The Legacy of the Mercenary Kings, book 1: The Kingdom of Liars de Nick Martell

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